FRANCE(du 16/10 au 14/11)(fin de la première partie)

Par Eric JL BRETON

Publié le dimanche 3 novembre 2002

Dimanche 3 novembre 2002

Ecrire ses mémoires en ligne pour les léguer aux héritiers [vendredi 01 novembre 2002 - 14h16 heure de Paris]

RENNES (AFP) - Ecrire ses mémoires en ligne pour les laisser en héritage à ses proches quand sonnera l'heure de l'ultime voyage, c'est ce que propose l'association Colombe qui se charge de veiller au respect des dernières volontés de ses défunts-adhérents préférant organiser à l'avance leurs obsèques afin de ne pas en laisser le souci aux proches endeuillés. Née en 1998 et basée à Rennes, l'association Colombe se veut un partenaire "désintéressé", affirme sa présidente Laurence Moguérou. Après avoir acheté un espace électronique auprès de l'association, le mémorialiste compose un recueil des principaux moments et souvenirs de sa vie. Au moment du décès, Colombe clôture le compte et grave l'intégralité de son contenu sur un CD-Rom remis à la personne préalablement désignée par le défunt. Le dépositaire peut à tout moment consulter les mémoires, en faire des copies, les imprimer mais, en aucun cas, les modifier. L'espace électronique est conçu de façon à pouvoir accueillir des textes et des photos. L'utilisateur garde une totale maîtrise du contenu. Il peut à son rythme rédiger les textes, les compléter et les modifier. L'espace, achetée pour 50 ou 75 euros, selon qu'on est ou non adhérent à Colombe, est organisé en sept chapitres intitulés, parmi lesquels, "mon portrait", "familles", "entourage", "événements"... L'association intervient notamment dans des situations délicates lorsque les dernières volontés du défunt se heurtent à l'opposition de proches ou de l'administration, comme le refus d'une mairie par exemple d'autoriser l'inhumation. Avant la mort, elle vérifie la faisabilité juridique et morale des souhaits exprimés, les enregistre puis les met à jour au fur et à mesure qu'ils évoluent. "Par exemple, la dispersion des cendres ne se fait pas n'importe où et n'importe comment", explique Mme Moguérou pour illustrer la caractère légal des souhaits du futur défunt. Au moment du décès, l'association vérifie l'exécution des dernières volontés du défunt. Des modifications peuvent y être apportées en raison de certaines conditions, comme par exemple la fermeture d'une église pour travaux. Elle délivre alors un visa permettant à l'entrepreneur des pompes funèbres d'exécuter les obsèques. Avec une cotisation de 75 euros dont une partie reversée au Groupement national des entrepreneurs de pompes funèbres (GNEPF), Colombe compte selon sa présidente 76.800 adhérents en France, dont 64,5% préfèrent l'inhumation. D'une moyenne d'âge de 74 ans, 65% des adhérents sont des femmes. L'une d'elle, Colette Delory, 76 ans, qui n'a pas de problèmes de santé et qui continue de voyager, a déjà choisi le bois et la couleur de son cercueil, ainsi que la musique qui accompagnera son dernier voyage. Elle a surtout exigé que le texte de l'homélie soit transcrit par le prêtre et remis à sa fille malentendante